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Grenoble (38), réunion le 21-10-2016

publié le 24-10-2016

auteur : P

Compte rendu cercle Zénon métropole grenobloise 21/10/2017

La première réunion du cercle Zénon de la métropole grenoblois a essentiellement traité de démocratie locale. La politique de la ville a également été abordée.

Démocratie locale

Après la "votation d'initiative citoyenne" organisée par le Maire de Grenoble du 5 au 10 octobre, le constat de l'illégalité du mode scrutin qu'il a imposé est unanimement partagé. Tout comme celui  que la démocratie locale est systématiquement confisquée par les élus pour s'assurer que son issue abonde dans leur sens, alors qu'elle appartient aux habitants. Bref, le sentiment que les dés sont pipés prévaut.

Les dispositifs incohérents, parfois non conformes à la loi, sont multipliés par des pouvoirs publics et un certain nombre  d'organismes (cabinet de conseil, associations, universitaires) qui font choux gras en se voyant octroyer des marchés publics pour venir «éclairer » le bon peuple ignorant sur ce que doit être et comment doit fonctionner la démocratie locale. Et pendant ce temps, on n'exerce pas la démocratie locale.

Les Conseils Citoyens Indépendants sont un exemple frappant. Ils ne fonctionnent tout simplement pas. Un système que personne ne comprend a été sur mis pieds alors que des instances qui fonctionnent depuis 90 ans, les Unions de Quartiers,  sont mises à l'écart et voient leurs dotationsamputés.

Quant à l' "interpellation et la votation d'initiative citoyenne", tous s'accordent pour dire que cela n'a ni matérialité ni réalité et qu'il est parfaitement absurde, dans tous les cas de figure,  de décréter qu'un référendum n'a pas été remportée par le camp qui a obtenu 68% des suffrages. La profonde nocivité pour le tissu démocratique et la cohésion sociale d'une telle attitude des pouvoirs publics est soulignée. Tous regrettent vivement que l'Etat n'ai pas jugé bon de rappeler la loi à la municipalité grenobloise.

En ce qui concerne les budgets participatifs, ils semblent tout aussi truqués que la  "votation". Nombreux sont ceux qui s'interrogent sur l'à propos d'inclure dans ses budgets la végétalisation du cours Jean Jaurès (alors que le service espace vert peut très bien le faire sans cela) ou des pigeonniers contraceptifs pour un coût de 80 000 euros. Tous les projets semblent sortis directement du programme politique de la municipalité et ne pas donner lieu à une réelle implication des habitants.

D'un avis général, la démocratie locale se compose de  deux grands domaines:

- Le participatif qui vise à assurer l'implication des habitants dans l'élaboration des politiques et projets publics en amont des décisions. Cela comprend la concertation, le droit de pétition, les budgets participatifs,la consultation pour avis des électeurs.

- Le direct qui par voie de référendum demande aux électeurs de prendre une décision à la place du conseil municipal.

La municipalité devrait plutôt intégrer ce qui existe et fonctionne déjà et construire sur ces bases au lieu d'imposer des dispositifs inopérants. Elle doit également s'attacher à suivre la loi, qui permet beaucoup de choses.


Politique de la ville

Un autre constat généralement partagé est celui de l'abandon quasi-total de certains quartiers qui aujourd'hui pourrissent sur pieds. Il point une réelle inquiétude sur les projets ARNU à la Villeneuve et au Village Olympique, notamment parce que leur mise en oeuvre semble parfaitement incohérente, a pris beaucoup de retard et ne correspond pas à qu'on était en droit d'attendre vu les projets initiaux. Beaucoup d'interrogations sont soulevées quant à la capacité d'obtenir de nouveaux financements dans le futur vu la situation actuelle.

L'abandon du projet Lesdiguières autour du stade porté et financé par le FCG et le contrat d'axe a induit une détérioration rapide de ces quartiers, proches de Mistral, déjà en difficulté.

Le plan de sauvegarde des services publics, et notamment la fermeture des bibliothèques des quartiers défavorisés est très contesté. On fait remarquer que les 7 000 euros alloués à une boîte à livre dans les budgets participatifs représentent le budget d'acquisition annuel de deux des bibliothèques qui ont été fermées.

La méconnaissance des élus de la réalité de ville inquiète tout autant. Ne pas comprendre que les enfants du Village Olympique n'iront pas à la bibliothèque de l'Arlequin et que les classes de ce même quartier n'y trouveront pas de créneau horaire l'illustre.

Plus avant, ce sont les populations de ces quartiers qui sont laissées pour compteLes jeunes ont l'impression - certes fausse mais qui donne lieu à des comportements bien réels - que les services publics, notamment culturels et récréatifs,situés en dehors du quartier ne leur sont pas destinés. Il faudrait donc réellement des actions citoyennes pour aller chercher ces jeunes et les faire sortir des quartiers.

Le renfermement des quartiers sur eux-mêmes est également du à la présence de crime organisé (trafic de drogue) pour qui le contrôle du territoire est fondamental à l'exercice de leurs activités illicites. La politique répressive qui est la seule possible vis-à-vis de ces mafias est vouée à l'échec si elle ne s'accompagne pas de politiques sociale, éducative et culturelle concrètes, cohérentes et dans le long terme.