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Angoulême (16), réunion le 15-10-2016

publié le 16-10-2016

A Angoulême aussi, les chefs d'entreprise se posent la question de l'insertion économique des jeunes.

15 participants, chefs d'entreprise, principalement de PME, mais aussi cadres d'ETI et de grands groupes industriels, ainsi que des professionnels spécialisées de l'insertion des jeunes, s'inquiètent de la difficulté à recruter et motiver des jeunes.

Il y a du travail, mais il n'intéresse pas les jeunes. Tout le problème leur semble venir de l'orientation des jeunes et de leur formation: il s'avère que les personnes supposées orienter les jeunes sont faiblement conscientes de l'environnement des entreprises, et ont peut être une représentation biaisée du monde.

Ils observent aussi un blocage certain des jeunes à l'égard de l'entreprise, et réciproquement, les entrepreneurs hésitent à recruter en CDI, compte tenu de ce faible engagement. Il est précis que chaque recrutement est un investissement à 6 mois, en termes de formation, horizon qui dépasse les délais de rétractation du patron. Celui-ci hésite donc d'autant plus à s'engager dans des CDI.

Par ailleurs, les carnets de commandes ne sont pas linéaires, et suivent des courbes sinusoïdales. C'est toute la difficulté dans l'embauche d'un jeune, en particulier, dont la formation requiert un temps long et mobilise d'autres salariés pour les accompagner. L'anticipation des marchés est devenue chose singulièrement difficile, ce qui invite à maintenir des niveaux d'effectifs bas, en comptant sur l'intérim pour répondre à des hausses soudaines de commandes, avant d'embauche. Mais comme la durée de ces hausses de commandes est elle aussi très difficile à lire, l'intérim devient une solution pérenne pour les PME.

Ce cercle suggère de créer des sas de formation vers l'emploi, pour mieux "tester" l'adaptation du jeune, surtout issu d'une formation initiale professionnalisée.

Il faut "savoir être des jeunes" déclarent les professionnels de l'insertion des 16/25 ans, et comprendre aussi un besoin de ne pas se lier trop définitivement à une entreprise. entre sécurité et souplesse, il n'est pas évident d'affirmer une priorité des jeunes en la matière, notamment chez les 16/25 ans peu ou pas qualifiés. Surtout, la location de l'emploi proposé peut être rédhibitoire: le besoin de rester à proximité des bassins d'emplois vivant prime largement sur une opportunité isolée géographiquement.

La transmission d'entreprises de petite taille devient dans ces conditions particulièrement difficile: entre d'une part des patrons qui voudraient des jeunes - et moins - déjà prêts à l'emploi, ou acceptant des périodes d'essai longues, tout en comptant sur une forme de fidélité au projet de l'entreprise pour envisager de la transmettre, et des jeunes qui développent des stratégies, et d'autre part des jeunes qui ne souhaitent pas à 18 ans s'engager pour longtemps, nourrissant des projets personnels pas nécessairement liés au devenir de la PME, tout en restant là où se trouve l'activité, la rencontre n'est pas aisée.

S'ajoute à cette non rencontre, l'absurdité d'un système cloisonné par métiers, interdisant par exemple à une entreprise dans le secteur électrique de recruter une personne spécialisée dans les travaux de bois, sans travail, malgré les gestes effectués très proches, et à qui il suffirait d'offrir une formation en entreprise de 6 mois, pour parfaire son adaptation à son nouvel emploi. C'est toute la question du financement de la formation continue, souvent totalement inutile, au regard de ce cercle, et qui pourrait, voire devrait être réorientée vers les formations de chômeurs, filière par filière. Un effort est produit en la matière, par le plan de financement des formations professionnelles développée depuis l'année deernière. Mais les intervenants sont sceptiques: ils préfèreraient assurer eux-mêmes ces formations... les participants venant des plus grandes entreprises signalent mme que^les centres de formation des grands groupes sont sous-utilisés et pourraient être mobilisés à cette fin.